Appui au comité de soutien de Nadir Dendoune

Nadir Dendoune

Le comité de soutien pour la libération de Nadir Dendoune appelle à un rassemblement à Paris, à la Fontaine des Innocents, ce vendredi 1er février, à 17H30.

Neuf jours, déjà, que notre confrère et ami Nadir Dendoune est détenu à Bagdad, où il a été arrêté dans l’exercice de son métier, alors qu’il réalisait un reportage sur les dix ans de l’invasion américaine en Irak.

Parti avec un visa presse en bonne et due forme, muni d’une accréditation du Monde Diplomatique, il aurait du revenir mercredi.

 

Il avait donné rendez-vous jeudi à ses proches pour une projection de son film, Palestine, à l’Institut du monde arabe, à Paris.

 

La projection a bien eu lieu… Sans lui.

 

Dans l’auditorium de l’IMA, avant de laisser place à ses images des territoires occupés, le comité de soutien pour sa libération a donné, lors d’une conférence de presse, des informations malheureusement parcellaires et plutôt préoccupantes sur le sort du journaliste emprisonné sans motif officiel.

 

Première source d’inquiétude, Nadir n’est pas détenu dans une prison civile, mais dans une caserne, où il se trouve entre les mains de la sécurité militaire, soumis à des interrogatoires quotidiens.

 

Les raisons de son arrestation n’ont pas été signifiées aux autorités françaises, en dépit des demandes répétées de Paris.

 

Il n’a pas été inculpé.

La demande de visite des autorités consulaires françaises est restée, jusqu’ici, lettre morte. Reçu jeudi au ministère irakien des Affaires étrangères, le consul de France n’en est ressorti qu’avec une promesse de l’aider à pouvoir exercer son droit de visite.

« Il est détenu par des militaires, en dehors de tous les clous du droit, sans avocat. Ce n’est pas rassurant du tout, dans un régime adossé aux USA, pour lequel le profil de Nadir peut être jugé suspect », s’est alarmée la journaliste et productrice Emilie Raffoul, membre du comité de soutien.

 

Les services du Quai d’Orsay, l’ambassade de France à Bagdad multiplient les démarches auprès d’autorités irakiennes peu disertes.

Il serait reproché à Nadir d’avoir photographié une usine de traitement d’eau, installation jugée « sensible », dans le quartier de Dora, au sud de Bagdad. Cette usine, Nadir la connaissait.

Il avait participé, en 2003, à une chaîne humaine de militants pacifistes pour protéger cet équipement, alors que les bombes américaines allaient pleuvoir sur Bagdad.

 

Il y est retourné, peu avant son arrestation.

 

Il a retrouvé, sur ces lieux, des travailleurs irakiens qu’il avait côtoyé en 2003 et comptait y retourner, les revoir.

 

Jeudi, le porte-parole du ministre irakien de l’intérieur, le général de brigade Saad Maan, interrogé par Associated Press, a de nouveau invoqué cet inconsistant motif des photographies, prises, selon une source policière citée par l’agence, « sans les autorisations officielles nécessaires ».

 

Les autorités irakiennes assurent qu’il est en bonne santé.

Information impossible à vérifier : Nadir n’a pu appeler une amie que lundi dernier, cinq jours après son arrestation, pour donner l’alarme.

 

Il affirmait alors partager sa cellule avec 28 codétenus. Depuis, plus rien.

À Paris, l’ambassade d’Irak, qui a délivré le visa presse au journaliste, semble embarassée par la tournure prise par l’affaire et par les protestations de voix officielles demandant la libération de Nadir.

 

À Bagdad, la partie est autrement plus complexe. « C’est un pouvoir instable, miné par les luttes entre factions. Les relations entre civils et militaires sont compliquées.

En Irak, la police et l’armée ressemblent davantage à des milices qu’à des institutions d’Etat », expliquait Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, lors de la conférence de presse.

 

La mobilisation est à la mesure de l’inquiétude, et les soutiens affluent.

Reporters sans frontières s’est associé au comité pour la libération de Nadir. Son directeur général, Christophe Deloire, appelle à « exercer les plus fortes pressions pour le sortir de prison ».

 

L’ONG, en association avec ses correspondants irakiens du Journalistic freedom observatory, a fait porter, jeudi, une lettre de protestation au Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki. À Bagdad, le Syndicat national des journalistes irakiens s’est saisi de l’affaire.

Selon Patrick Kamenka, de la Fédération internationale des journalistes, ce syndicat aurait reçu l’assurance de pouvoir rendre visite à notre confrère samedi.

 

Le SNJ-CGT, le SNJ, la CFDT journalistes ont tour à tour exigé la libération de notre confrère.

 

Des responsables politiques se sont aussi exprimé en ce sens : le député Pouria Amirshahi (PS), les députés européens Karima Delli (Verts) et Patrick Le Hyaric (Front de gauche), le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, ainsi que de nombreux élus de Seine-Saint-Denis, le département de Nadir.

 

À New York, le Comité pour la protection des journalistes, qui dénonce une « arrestation arbitraire », met en cause les « ambiguités » d’une loi irakienne qui a multiplié les obstacles au libre exercice de la profession de journaliste.

 

Nadir Dendoune est un journaliste passionné, engagé, talentueux, à la déontologie irreprochable. Il doit être libéré sans délai. Vendredi, à 17H30, son comité de soutien appelle à un rassemblement à Paris, à la Fontaine des Innocents.

 

 

Auteur: Frédéric LOHBRUNNER

- Directeur de Communiquaction, j'affectionne la communication, les réseaux sociaux, la promotion de ce en quoi je crois et qui pour de bonnes causes, mes modestes compétences me permettent de les mettre en avant. Président fondateur de l'ONG de développement local "Perspectives, Progrès et Partage" oeuvrant pour les pays en voie de développement et/ou émergents Président de l'association "CreActi" agissant dans l'aide à la création d'activité pour les publics issus des diasporas francophones et francisantes.